Interview des directeurs

Interview réalisée à l’automne 2012 par le cabinet SMBG.

Pouvez-vous nous présenter brièvement le MS Management Global des Risques ?

Laurent Dehouck : Le programme a été créé en 2000 par Bertrand Munier, qui en a conçu la maquette initiale et déterminé les programmes, très innovants alors à l’époque, pour faire suite aux  résultats obtenus dans notre laboratoire de recherche, le GRID (Groupe de recherche sur le Risque, l’Information et la Décision, unité commune de recherche Arts et Métiers ParisTech/ESTP/IAE de Paris). La pratique du « risk management » s’est, depuis, nettement généralisée et notre formation n’est pas la seule dans ce domaine, mais elle a eu le temps de mûrir, de se structurer, de se professionnaliser et reste une référence.

Marc Lassagne : En 2000, peu de formations existaient dans le domaine qui s’est, depuis, énormément développé. Il y a eu une généralisation des pratiques associée à des impératifs réglementaires et l’imposition d’un cadre légal plus strict. Des actions de prévention en matière de risques professionnels, de couverture des risques financiers ou encore la rédaction de la partie risque des documents de référence des sociétés cotées illustrent ce dont les entreprises ne pourraient plus faire l’économie aujourd’hui.

Quels sont les principaux profils qui accèdent à votre promotion ? Vers quelles carrières se dirigent-ils ?

Marc Lassagne : Il y a une certaine variation d’une année à l’autre, mais d’une manière globale, on peut dire que nous avons la moitié de nos stagiaires qui proviennent d’écoles d’ingénieurs, l’autre d’écoles de management. S’ajoutent à ces derniers quelques profils atypiques comme des étudiants d’IEP, de géographie, des militaires… Ils sont à la recherche d’une formation originale et transversale qui les ouvrira à d’autres socles de connaissances, d’autres compétences. Ceci leur donne d’autres perspectives de carrière.

Laurent Dehouck : Le domaine d’insertion professionnelle après la formation est orienté en fonction du parcours antérieur mais le MS offre l’accès à une gamme d’emplois plus élargie, plus complète, dans le management des risques. Pour chiffrer, disons que 1/3 de nos diplômés se dirigent vers le consulting, 1/3 dans le secteur industriel et 1/3 dans celui de la finance/assurance.

Certains, qui se dirigent dans l’industrie, et qui ont des profils plus techniques à la base, peuvent sortir du cadre exclusif du risk management et évoluer dans la gestion de maintenance, ou des postes à responsabilité dans l’analyse du risque industriel.

 

On note une approche large du management des risques dans vos enseignements (risques organisationnels, risques financiers, risques majeurs environnementaux…). Comment conciliez-vous tous ces cours ?

Marc Lassagne : Ce sont en effet nos 3 grands pôles thématiques. Ils concernent les grandes familles du management des risques à savoir le risque organisationnel et technique, le risque financier et le risque majeur, qu’il soit industriel, sanitaire ou environnemental. Mais ils sont précédés d’un premier bloc d’enseignements (« Stratégies de management des risques : concepts, méthodes, outils ») qui  encadre et harmonise ces modules d’approfondissement. Il faut avoir conscience que le rôle du « risk manager » est de pouvoir comprendre la totalité des problématiques de manière transversale sans être nécessairement un spécialiste pointu de chacune prises isolément. C’est le rôle des professionnels avec qui il communique.

Laurent Dehouck : Chaque module d’approfondissement est empreint d’une même philosophie, d’une stratégie de management identique, d’une méthodologie commune. Les modules développés dans le cadre du programme sont unifiés par les principes du  «  management basé sur le risque ». Peu importe l’angle d’approche, celui-ci répond à cette logique commune. Notre perspective est, en ce sens, différente de celles des programmes concurrents.

 

Quels effets ont pu avoir la crise sur le domaine d’enseignement du MS ?

Marc Lassagne : D’un point de vue conjoncturel, la crise économique ne semble pas avoir eu d’impact majeur sur l’insertion professionnelle de nos diplômés.

Laurent Dehouck : Les entreprises prennent de plus en plus conscience de la multiplicité des risques qu’elles affrontent. Elles ne peuvent plus ne plus s’en préoccuper, faire comme si ces derniers n’existaient pas. Le management des risques est un domaine dont l’expansion s’accélère avec la crise.

 

Quid de la dimension pratique et internationale de la formation ?

Marc Lassagne : Partir à l’étranger est une tradition du MS. L’an dernier, nous avons effectué un voyage d’études à Shanghaï. Cette année, il devrait avoir lieu aux Etats-Unis, à Houston. Il y est prévu des visites en entreprise, des tables rondes avec des professionnels du secteur, des présentations par des universitaires locaux (à Houston, nous avons notamment des relations avec Rice University. L’objectif de ce voyage d’études (dont le coût est inclus dans les frais de formation) est de s’imprégner de pratiques industrielles en matière de risk management dans un pays autre que le nôtre, en vue de confronter au terrain les enseignements dispensés pendant la formation, dans une logique d’ouverture. Suite au voyage d’études, certains de nos stagiaires ont d’ailleurs, dans le passé, réalisé leur thèse professionnelle à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

En parallèle, nous conservons bien sûr la participation aux rencontres de l’AMRAE, qui permet aux étudiants de « réseauter », de trouver des missions en entreprise, d’assister à des présentations de haut niveau. Nous effectuons également des sorties sur le terrain (Raffinerie Total, chantier BTP, COGIC…). 

Laurent Dehouck : Un des aspects pratiques du MS tient en la réalisation des travaux collectifs sur des cas et mises en situation, qui nous permettent d’évaluer le chemin intellectuel et comportemental parcouru par  les stagiaires dans une véritable démarche professionnelle ; tout simplement leurs compétences acquises.

Les liens avec les entreprises sont naturellement très forts avec 75 % de nos intervenants qui sont des professionnels en poste, et qui permettent aux étudiants de bénéficier d’une vision de l’industrie des plus proches.

Enfin depuis sa création, le programme du mastère et l’évaluation des compétences des stagiaires s’inscrivent dans un processus d’amélioration continue soutenu par notre comité de perfectionnement, composé d’industriels et d’universitaires.

 

Avez-vous effectué des ajustements pour la promotion 2012/2013 ?

Marc Lassagne : Dans cette logique d’amélioration continue, nous avons reconfiguré cette année le module sur le risque financier. Nous cherchons aussi à mettre en place une évaluation encore plus précise des compétences en « risk management ». Cela se vérifie dans l’approche de savoirs avérés en gestion de projets, reporting et communication, évaluation du risque…

Laurent Dehouck : Les compétences acquises par les stagiaires sont, également, validées par les résultats de la thèse professionnelle qu’ils rédigent à l’occasion du stage de 4 à 6 mois qu’ils réalisent sous  la double direction d’un tuteur académique et d’un tuteur en entreprise.